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Le chiffre qui tue

69%des Strasbourgeois interrogés* savent quel métier exerçait le célèbre Gutenberg... Est-il nécessaire de préciser ici que l'inventeur des caractères mobiles pour l'impression était un ... imprimeur ? Il faut croire que oui, car 20 % des personnes interrogées nous ont déclaré « ne pas savoir » ! Impressionnant ! Quelques réponses isolées nous ont beaucoup amusé : écrivain (soit un rang plus en amont dans la chaîne de production du livre...), philosophe, homme politique (pourquoi pas ?) architecte, médecin ou...géologue !
Parmi les personnes ne sachant pas quoi répondre : une jeune fille se creuse la tête et nous déclare : « Je savais ce qu'il faisait, on me l'a dit plusieurs fois... mais j'arrive jamais à « imprimer »... A méditer !

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Histoire

Si Rohan m'était conté

Par Jean-Baptiste Clavez
Super flux n°10 - Décembre 2008

Quel est le nom du château situé Place du... Château ? Voilà une question simple, que nous avons posée aux « indigènes » ! Par delà le décompte des réponses (exactes ou fantaisistes) ce petit « quizz » nous permet de relater quelques anecdotes historiques relatives à ce « mystérieux château ».

Anotre grande surprise, et alors que nous attendions un score bien supérieur, seuls 39 % des strasbourgeois interrogés savent de quel château l'on parle quand on évoque la Place du Château...il s'agit évidemment du Palais Rohan (qui, logique oblige, jouxte la dite place en question). Nous avons été étonnés de constater que 50 % déclarent «ne pas savoir», ce qui est toujours mieux que les 10 % qui nous ont soufflé des réponses pour le moins loufoques. Parmi les «meilleures» nous citerons, en vrac : « La cathédrale » (drôle de château, tout de même), le «château d'Alsace » (encore une de ses réponses «précises» et « limpides » que nous apprécions beaucoup !), le Pourtales (bien, bien...) et le... Haut Koenigsbourg (!), Un bien beau château (fort)...situé à des dizaines de kilomètres de notre ville, aux portes du Haut-Rhin... Une mention spéciale, donc, pour l'auteur de cette dernière réponse !

Edifié entre 1731 et 1742 sur l'ordre du Prince évêque Armand Gaston de Rohan Soubise, le Palais Rohan est une incontestable réussite architecturale, due au célèbre Robert de Cotte, premier architecte du Roi et beau-frère du grand Jules Hardoin-Mansart (eh oui, celui là même à qui l'on doit le terme mansarde). D'une grande élégance, ce palais a été réalisé en grès jaune et sa toiture recouverte d'ardoise. Deux caractéristiques qui l'éloignent du style régional (grès rose et tuiles), renforcent sa singularité, et son « caractère parisien ». Un style qui influencera bon nombre de constructions ultérieures dans notre ville, chacun voulant plus ou moins s'inspirer de cette grande demeure princière.

ARCHITECTE ABSENT !
Il y a plusieurs anecdotes étonnantes à propos de ce Palais. En premier lieu, il est assez singulier que l'architecte de Cotte n'ait jamais vu la plus infime parcelle de son édifice ! En effet, celui ci (qui n'avait jamais mis les pieds à Strasbourg de toute son existence !) était âgé de 70 ans au moment du début des travaux. En tant qu'architecte du Roi, il jugea inutile et trop fatigant de faire le déplacement depuis Paris. Il nomma l'architecte Joseph Massol pour suivre le chantier et diriger les différentes opérations sur place, et comme il mourut en 1739, soit trois ans avant la fin des travaux, il fut en tous points physiquement « étranger » à son oeuvre strasbourgeoise, ne l'ayant vue ni achevée, ni en cours de construction !

Où EST LE PROPRIÉTAIRE ?
« Confisqué » lors de la Révolution (1789), il devient, pour une courte durée « l'Hôtel de Ville ». Sous le Premier Empire, il est offert en 1804 par la ville à Napoléon 1er qui y séjournera lors de ses courts passages dans la région (en 1805 et 1806), il devient « palais Royal » sous la Restauration, mais Louis Philippe le rend à la ville, ne souhaitant pas assumer les frais de son entretien ! L'ayant à peine récupéré, la ville l'offre à nouveau à Napoléon III. Une « valse de propriétaires » assez amusante, les mauvais esprits pouvant en déduire que, décidément, personne ne voulait vraiment de ce palais ! En 1870, il devient « palais universitaire », et c'est en 1898 qu'il trouve enfin son affectation définitive (en tous cas, celle que nous lui connaissons encore aujourd'hui) puisqu'il devient « Musée des beaux-arts ». Sérieusement endommagé par le bombardement américain du 11 août 1944, il sera entièrement restauré... et, aujourd'hui, la ville ne semble plus disposée à l'offrir à quiconque et c'est très bien ainsi ! J.B. C.
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PhotoCrédit photo : © Jean Marx - MRW ZeppelinePhotoCrédit photo : © Thierry Schmitt